Archive pour janvier 2010

Enfance aux histoires multiples

Jeudi 28 janvier 2010

“Cette idole, yeux noirs et crin jaune, sans parents ni cour, plus noble que la fable, mexicaine et flamande ; son domaine, azur et verdure insolents, court sur des plages nommées, par des vagues sans vaisseaux, de noms férocement grecs, slaves, celtiques.
 À la lisière de la forêt – les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent, – la fille à lèvre d’orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés, nudité qu’ombrent, traversent et habillent les arcs-en-ciel, la flore, la mer.”

Arthur Rimbault “Enfance I”

"La Récré de Fanette". Tous droits de reproduction interdits.

"La Récré de Fanette". Tous droits de reproduction interdits.

Série

Vendredi 22 janvier 2010

Il me reste la phase “la matriochka de nos souvenirs”, il me reste un univers imaginaire, il me reste les crayons, la peinture, le papier. Il y a une goutte de l’univers onirique de Miyazaki et ces yeux là qui me bercent, miroir de l’âme. La série des Matriochkas débute, je ne sais pas où cela mènera et c’est cela qui est appréciable : l’esprit se laisse aller à écouter les murmures de l’âme et tout file, doucement, vers une chaleur familière. Je prends une émotion,  plonge dans leurs regards et l’atmosphère des réminiscences s’y emboîte, jusqu’à la plus petite perception. Tu n’es vraiment pas loin, merci de ces cadeaux vivants et vibrants.

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Il y a sous les toits

Vendredi 15 janvier 2010

Sous les toits, il y a Vous, Toi, Eux. Rêve d’un long bras pour pêcher chez vous, nous, toi, eux, l’essentiel. Rêve de fabriquer des cerfs-volants avec ces idées là et de larguer le manque d’élan. Essaye de prendre le bon courant et fais valser la vie.

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Miyazaki qui tortore haut

Mercredi 13 janvier 2010

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Babouchka

Mardi 5 janvier 2010

Dans l’Oeil, il y a souvent des choses créatives, peu de choses privées. Aujourd’hui, l’Ateulgraf se pose à terre, histoire de reprendre son souffle.

Ma babouchka n’est plus, elle est partie sur une terre encore plus sauvage, que l’on n’aperçoit pas à l’oeil nu. Les images se précipitent, les mots restent en suspend, les larmes sont déjà celles du souvenir. 

Tu étais, es et sera mon amer remarquable. Je t’entends rire, c’est le souffle de la vie, c’est une chance, je vois tes pas dans le sable, je modèle ta peau fripée, celle du coude, je regarde tes yeux, tes délicieuses pattes d’oie qui cheminent jusqu’à ta chevelure argentée. Je sens tes parfums, je mets mon nez dans ton cou. Pose si douce. Tu me serres les mains, tu écoutes, tu boudes, tu reprends un verre de champagne, moi aussi, on a le nez rouge, rire. Tu prépares des gâteaux, remue la pâte, nous appelle par tous les prénoms de tes petits enfants, dis quelques mots en polonais, me dis de répéter, je me perds dans la complexité des sons à prononcer tu t’en amuses, je t’aime. Tu es curieuse de tout, as envie de beaucoup, t’inquiètes un peu, mets du sel… dans ma vie, mémoire vive. Ton coeur est gros, un jour il larguera  l’aorte et s’en ira gonfler sa toile ailleurs, vers ton homme, vers ton frère, au milieu des violons slaves. Tu étais une multitude de “buscha” de “buschia” de “boucha” avec une marguerite à la fin comme sur les cartes postales de vacances. Tu te dandines sur un air de fête, on esquive ensemble quelques pas de danse, tu t’assoies au milieu de nous tous, tu es l’avenir et la joie jusqu’au bout, tu es insatiable, tu deviens maintenant insaisissable. Comment faire sans toi? Je ne sais pas parce que je n’ai pas envie de faire sans toi, tu me manques. Tu scrabbles le mot “partira” et tu gagnes la partie, à bout de souffle. Je te laisse partir, tu es la femme, l’épouse, la mère, la grand-mère, l’arrière grand-mère, je te laisse partir, tu es le souffle de la vie, je te laisse partir, tu es un foulard en soie qui s’envole, je te laisse partir, ma matriochka de nos souvenirs. Je te laisse partir, ma buscha, mon bel horizon.

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