Archive pour mars 2015

Fairyland

Lundi 30 mars 2015

“Au début des années 80, je croyais aux licornes et au arcs-en-ciel, au pouvoir des lacets scintillants et du gloss goût cerise. Mes copines et moi reprenions en choeur la chanson d’Olivia Newton-John. Nous étions persuadées de vivre “la plus belle période” de notre vie. D’être réellement magiques. Comme Newton-Jones dans le film “Xanadu”, nous pensions être des muses ayant pris la forme de simples mortelles en rollers. Je croyais dur comme fer que cette décennie allait nous emporter loin à dos de chevaux ailés. Mais, à la fin de la décennie, les créatures fabuleuses avaient pour la plupart péri. Je ne croyais plus aux licornes. Nous n’étions pas magiques. Nous n’étions pas capables de transcender notre moi de chair. En réalité, nous étions esclaves de ces corps et de leur tragique réalité.”

Les récits de vie ne sont pas à proprement dit ma “cup of tea” mais là, dans la veine des “Chroniques de San Francisco” de Maupin, me voilà replongée dans la grande époque de Frisco des années 70-80 grâce au récit sincère et sans pathos d’Alysia Abbott. La “fille de” Steve Abott, (écrivain, poète et militant homosexuel) nous emporte dans sa vie. Un récit au long cours marqué par la relation père-fille au parfum arc-en-ciel. Leur épopée est pétillante, grinçante, sans fard, amoureuse, excessive, forcément poétique, attendrissante, exclusive, au moment même où le sida, lui, ne faisait pas de “quartier” et surtout pas à “Castro”… Résolument : “Fairyland” est à lire et à découvrir !

La divine chanson

Vendredi 27 mars 2015

“Je parle par flots lorsque je suis très ému et j’ai du mal à contenir mes émotions. Les émotions sont des impulsions électriques, elles balaient tout sur leur chemin. Elles transitent par l’aimant du coeur. Il nous est donné de ressentir la joie ou la peine, à distance, pour autrui. Par télépathie.”“La divine chanson” d’Abdourahman A. Waberi - Zulma – Il est tout de même admirable de lire une histoire qui se déroule dans une constante poésie du langage avec une rythmique incroyable, quasi hypnotique, que l’on connaisse ou non la vie de Gil Scott-Heron. Chaque phrase est une pépite et, ma foi, je n’ai jamais entendu un chat en si bon conteur.

Totem

Lundi 23 mars 2015

Eparpillée, je suis totalement éparpillée. Peu à peu, retrouver sa peau pour la sauver, cela veut aussi dire “continuer à créer” et éprouver à chaque instant ce sentiment précieux de liberté. Je pensais être arrivée au bout d’un chemin mais il n’en est rien, le rond ne rentrera jamais dans le carré. Besoin de renouer avec l’animal, le végétal, l’instinct primitif qui ne se théorise pas mais se vit à chaque instant. Et s’en aller renouer les liens défaits.

Escapade

Mardi 10 mars 2015

Partir sans absolument rien prévoir, un peu comme au p’tit bonheur, s’enivrer au propre comme au figuré, se promener dans l’univers de Prévert, chanter à tue-tête dans son poney, avoir le nez au vent face au phare de Gallay, croiser quelques lapins et un bien beau renard, se gorger d’air, libre.

Le Dernier gardien d’Ellis Island

Mardi 3 mars 2015

Qu’est donc la totalité de notre existence, sinon le bruit d’un amour effroyable ?” – Louise Erdrich – “Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse” -

New-York, Ellis Island, 3 Novembre 1954. John Mitchell, directeur du centre d’immigration, erre sur cette île bientôt vidée de ses histoires, de ses migrants, de ses espoirs et désespoirs. Le récit se construit au fil des heures solitaires qui amène Mitchell à se confronter à son passé, à sa vie vouée à Ellis, à son amour pour Liz, à sa passion pour la mystérieuse Nella. Gaëlle Josse nous dresse le portrait contrasté de cet homme lié à l’Île et inversement. Un roman d’une grande densité qui se dévore, provoque des images et tente de percer quelques uns des mystères de l’âme humaine. Une petite merveille.

Le dernier gardien d’Ellis Island” de Gaëlle Josse – éd. Noir Blanc -

Changement d’air

Mardi 3 mars 2015

Oui oui oui c’est reparti pour un autre tour, différent. Viendront des livres, des coups de coeur, quelques illus, quelques photos sûrement.