Archive pour juin 2015

Exerciceu

Mardi 23 juin 2015

Autoportrait après la séance de shiatsu :)

Fan Man

Vendredi 12 juin 2015

“La répétition systématique du mot andouille purifie ma conscience, mec, la nettoie des débris et toiles d’araignées qui s’ont entassés. il est absolument nécessaire que je fasse ça une fois par mois et aujourd’hui, c’est le jour de l’andouille.”

Voilà, j’aime les surprises et en voilà une ! Une sorte d’Ovni littéraire dont le héros, Horse Badorties, possède la coolitude à toute épreuve du Big Lebowski et le côté déglingué de Bukowski. Tu te prends au jeu mec, dans les rues de New-York, tu deviens son compagnon mec, un clochard céleste comme lui mec. Il y a une réelle maîtrise de l’écriture, un style indiscutable, une accroche amicale du personnage. Horse Badorties m’a fait du bien car il donne une respiration particulière à la Vie, il lui donne un sens à la fois contemplatif et foutraque, comme un bon ami qui te prendrait par les épaules et t’emporterait dans ses aventures de l’Instant Présent. Car c’est cela la force de ce récit : la performance du moment, le regard vif du jour J. Je ne peux pas dire qu’il s’agisse d’un coup de cœur phénoménal mais j’avais envie de célébrer le style inclassable de Kotzwinkle et la démesure de Horse, cheval sauvage mec. Un livre qui fait swinguer, sans aucun doute !

Dites aux loups que je suis chez moi

Vendredi 12 juin 2015

“Quand on a une montre, le temps est comme une piscine. Avec des bords et des lignes. Sans montre, le temps est comme l’océan. Vaste et désordonné. Je n’avais pas de montre.”

Jude, Finn, Toby, Greta. Je pourrais répéter ces prénoms à l’infini… et pourtant il faut bien les laisser partir. Début des années 80, nous sommes avec la famille de Jude dans le New-Jersey. Début des années 80, nous sommes juste en face, avec Finn, artiste peintre installé au cœur de New-York. Finn est atteint du Sida, maladie dont on ignore encore tout : maladie encore honteuse, maladie qui porte en elle la solitude et la peur. June, 14 ans, est la nièce de Finn, qu’elle adore plus que tout. June est une ado tourmentée, petit “crocodile” paumé dans la jungle humaine. Elle est prise dans ses sentiments, dans les non-dits de sa mère, la colère de sa sœur, Greta, et dans l’amour infini qu’elle porte à cet oncle incroyable. Pris constamment entre le réel et l’imaginaire, tu te prendras au jeu des émotions, de cette fragilité adolescente, de cette rébellion constante, de ces relations intimes qui m’ont mises parfois, les larmes aux yeux. Tu partiras en ballade dans le passé proche de June, tu iras dans cette forêt obscure et apaisante où elle déambule pour se souvenir et s’apaiser et tu rejoindras le flot d’images, de mots et d’objets qui la relient au disparu. Un premier roman pour Carol Rifka Brunt, un premier coup de maître, réellement bouleversant.