Archive pour novembre 2015

Comment dire…

Lundi 30 novembre 2015

Etta et Otto (et Russel et James)

Mercredi 11 novembre 2015

“Ils demeurèrent assis comme ça jusqu’à ce que Etta doive respirer. Elle se tourna, embrassa Otto dont la bouche était déjà remplie d’eau salée. Elle lui serra la main deux fois, une, deux, puis le lâcha, cligna des yeux et remonta à la surface. Elle était tournée vers l’extérieur, loin de la terre. Tout était gris et vert et mouvant pour autant qu’elle pouvait en juger.”

Un jour, Etta décide de partir vers l’océan, pour la première fois de sa vie. Otto, par amour, la laisse vivre cette aventure tandis que Russel, par amour, la suit. Trois personnages de plus de quatre-vingt ans, résolument attachants, qui nous entraînent dans leur histoire, dans leur vie d’avant, leur vie de maintenant, leur amour, leur quête. Tout ceci au milieu d’une nature époustouflante, véritable décor naturaliste d’une réalité qu’Emma Hooper narre de manière onirique, avec une plume très particulière. Ce roman est aussi une fine réflexion sur les liens forts qui se créent au fil du temps, envers et contre tout. Il y a, dans “Etta et Otto (et Russel et James)“, de la poésie, de la délicatesse, du mystère, de l’humour et de la contemplation. Un premier roman d’une grande finesse, une ode à la liberté et aux grands espaces.

L’homme qui fuyait le Nobel

Mercredi 11 novembre 2015

“Pendant sa longue marche, les deux moments qu’il avait préférés étaient l’aube, bien sûr, les premiers rougeoiements du soleil lorsqu’il daignait paraître, mais aussi, et surtout, cette heure bleue, la brunante, cet avant-crépuscule, qui ne dure qu’un instant, baignant tout dans un immense halo, fugitif, fragile, aussi prompt à se perdre qu’une vie dans la nuit.”

Tudoret nous emmène dans un conte, une histoire d’amour, une histoire de guérison sur fond de randonnée le long du chemin de Saint-Jacques pour un homme, Tristan, qui ne souhaite sûrement pas être un pèlerin sur la voie de la sagesse. Tristan est un “Salinger”, un homme qui s’enfuit quand vient l’annonce du Nobel, qui rejette la pression médiatique liée au Prix. Il part et nous raconte alors son amour infini pour Yseult, sa vie auprès d’elle, la maladie qui arrive petit à petit, les paysages grandioses qui défilent au gré de sa pérégrination, la rencontre avec une mystérieuse jeune femme, ses coups de sang, ses coups d’amour. Dans “L’homme qui fuyait le Nobel“, Tudoret met en exergue, dans ce roman attachant, une phrase de Jean de la Croix : “Il n’y a pas de chemin, c’est marcher qui fait le chemin”.