Archive pour décembre 2015

Du bout de mon crayon…

Mardi 29 décembre 2015

je vous souhaite une année 2016 pleine et entière


qui s’accompagne de cette prière amérindienne d’une grand-mère, gardienne de la Sagesse.

Ô Gardienne des anciens savoirs, Chuchote moi ta sagesse, Que toujours je me souvienne Du mystère sacré de la vie, Des histoires des Grands-Mères, Des actes de bravoures, petits ou grands, De l’avancée de l’Être Fidèle, Qui répond à l’appel de la Mère. Des cycles et des saisons Qui marquent chaque changement, De la renaissance de nos visions, De l’esprit que nous avons sollicité. Ici, c’est la vérité qui l’emporte Dans la guerre qui demeure intérieure, Amenant chaque être humain à la célébration finale.

Encore

Mardi 8 décembre 2015

“La différence entre l’Orient et l’Occident, c’est la Turquie. Je ne sais pas si elle est le résultat de la soustraction, mais je suis sûr que la distance qui les sépare est grande comme elle. Nous, c’est là que nous vivions. (…) un vieux pont entre l’Orient aux pieds nus et l’Occident bien chaussé, sur lequel passe tout ce qui est illégal. Tout cela me chiffonnait. Et en particulier ces gens que l’on appelle les clandestins. Nous faisions tout notre possible pour qu’ils ne nous restent pas en travers du gosier. Nous avalions notre salive et nous expédions tout le contingent là où il voulait aller… commerce d’une frontière à l’autre… d’un mur à l’autre.”

A neuf ans, Gazà entre dans le “commerce” de son père, comme passeur de clandestins. A quatorze ans, il est devenu ce que son père est : machiavélique, violent et détaché de toute émotion. Un jour Gazà fera  mourir le jeune Cuma par oubli…. “Encore” est un récit violent qui ne peut laisser indifférent et qui provoquera, sans doute pour certain(e)s, un point de rupture tant l’histoire de ce jeune homme bascule dans l’horreur actuelle -et banalisée- de ces trafiquants d’esclaves. “Encore” est aussi le seul mot que connaissent les migrants : “encore” à boire, “encore” à manger, “encore” à attendre pour rejoindre la mer Egée. Hakan Günday dénonce ce système de domination des Hommes sur d’Autres et il ne nous ménage pas. Nous assistons à la destruction de toute humanité chez cet adolescent lettré. Les quatre utilisations de la couleur dans la peinture de la Renaissance divisent le livre en autant de paliers franchis par Gazà dans la re-conquête de cette même humanité. Gazà représente aussi ce mélange de haine et de lucidité, représentatif des campagnes anti-immigration qui “fleurissent” dans notre monde abrupt et injuste. Günday ne ménage personne. Il creuse, par son style foudroyant et efficace, là où ça fait mal. Ce livre est une “œuvre vivante” qui provoque le débat et ne se nourrit pas d’émotion. “Encore” est le récit d’une odyssée brutale et captivante qui reste en travers du cœur et nous interroge sur le sens que nous donnons à la vie et à l’humain.

L’Oiseau du Bon Dieu

Jeudi 3 décembre 2015

“L’oiseau du Bon Dieu ne se déplace pas en bande. Il vole seul. Tu sais pourquoi? Il cherche. Il essaie de trouver le bon arbre. Et quand il voit cet arbre, cet arbre mort qui prend toute la nourriture et les bonnes choses qu’il y a dans l’humus de la forêt, il se pose dessus et se met à le grignoter, et il le grignote jusqu’à ce que l’arbre soit épuisé et s’abatte sur le sol. Et la poussière qu’il produit fait pousser les autres arbres. ça leur apporte une bonne nourriture. ça les rend forts. Ainsi il leur donne la vie. Et le cycle continue.”

En voilà un de western haut en couleurs, mené tambour battant, avec un humour et une poésie illuminée qui rendent l’histoire d’Henry Shackleford, résolument palpitante. C’est “la petite Echalote” (surnom donné à Henry par John Brown, abolitionniste convaincu et enflammé -personnage ayant d’ailleurs réellement existé -1800 à 1859-) qui raconte, avec malice et fraîcheur, les évènements qui amèneront à la guerre de Sécession. “L’échalote”, “le vieux” et ses hommes, parcourent ainsi les Etats-Unis, posant, au-delà de leur folle cavalcade forcément meurtrière, la question fondamentale du peuple noir vivant sur le sol américain. On vit leurs aventures -des plaines du Kansas aux “saloons” de Boston ou de Chicago, en faisant un détour par un bordel du Missouri- tout autant que l’on rit, on s’attache aux personnages tant le style et les dialogues en font un récit vivant; et l’on découvre comment l’attaque d’un arsenal fédéral en Virginie provoquera la guerre entre Nord et Sud. Un “vraiment chouette” roman qui emporte à cheval son lecteur -et/ou sa lectrice ;) - et dont on ne lâche plus la bride jusqu’à la dernière page. Yeehaaa!

L’Oiseau du Bon Dieu” de James Mc Bride aux -excellentes- éditions Gallmeister.

Demain

Mercredi 2 décembre 2015

Je vous souhaite d’aller voir ce documentaire énergisant et surtout de lire l’ouvrage éclairant. “Demain“est un condensé  de solutions écologiques, humanistes, économiques, pour notre planète. A travers diverses villes (San Francisco, Lille, Copenhague, Bristol, Todmorden, Détroit, Kuttambakkam, etc…), nous marchons avec entrain vers les initiatives citoyennes, qui, tout au début, partent d’une envie humble et sincère : partager des jardins, ouvrir au public les récoltes, développer la curiosité intellectuelle des enfants, abattre les murs invisibles -mais tenaces- des castes, créer une alternative à l’injuste système bancaire international, retraiter des déchets pour créer des emplois et une conscience écologique, utiliser les énergies naturelles pour rendre indépendant un pays, pratiquer la permaculture pour produire plus intelligemment et plus sain, créer des monnaies locales pour favoriser le circuit court tout en diminuant la pollution… et encore et encore des solutions!. Des sourires, de la malice, de l’humilité, des idées, de l’énergie, pour définir un nouveau projet de société par la force de l’”être ensemble”. “Demain” est un carnet de route, la genèse d’un film et son développement, il nous donne à lire, et donc à intégrer, des initiatives multiples et variées, toutes liées à l’”écolonomie“. Un ouvrage nécessaire à mettre résolument dans TOUTES les mains! ;)