Archive pour avril 2016

Les Etoiles s’éteignent à l’aube

Mardi 5 avril 2016

Il y a ce moment quasi magique où un livre te donne parfaitement la note juste, où il arrive, comme un fidèle comparse, au bon moment dans ta vie. Merci infiniment Richard Wagamese. “Les étoiles s’éteignent avant l’aube” est un roman d’une sensibilité infinie, d’un style éblouissant -et tant qu’à y faire, merci à Christine Raguet la traductrice-. Chaque phrase y est posée, travaillée, chaque description vous transporte et l’histoire… quelle histoire! Celle-ci est d’une intensité à m’avoir coupé le souffle, à m’avoir mis les larmes et -nom d’un p’tit pois- que ces larmes m’ont fait du bien. Franklin Starlight a toujours connu “le vieux”, qui l’aima et l’éduqua pour être un bon gars… et c’est ce qu’il est devenu. Un jour, le garçons de seize ans va chercher le père, Eldon, ravagé par l’alcool, pour aller le porter “au pays d’en haut”, au coeur des éternelles montagnes. Ainsi commence, sur ces terres sacrées indiennes, cet étrange voyage entre ce jeune garçon, taiseux et appliqué, et cet homme usé par la vie. Un périple qui répondra à l’esprit sauvage des vastes espaces canadiens, autant qu’il répondra à leur besoin d’apaisement identitaire respectif. Wagamese, écrivain de la nation ojibwé, possède cette force d’écriture qui, à la fois vous transporte ailleurs et vous rappelle aux émotions premières. “Les étoiles s’éteignent à l’aube” est un roman brut et mystique qui se lit avec avidité pour vous laisser le coeur rempli de cieux étoilés, de vents changeants, de sentiers escarpés, de torrents bruyants et d’un grizzly confrontant. Bref, un roman fort, d’une finesse absolue.

Goodbye my Lily

Mardi 5 avril 2016

Reprendre les crayons fait toujours autant de bien…goodbye my sweet Lily.

Trois jours et toute une vie

Mardi 5 avril 2016

Antoine a construit sa cabane dans les bois de Saint-Eustache. Une cabane à l’abri du monde bruyant des adultes, une cabane pour s’élever au-dessus de la mêlée, une cabane pour s’échapper. Il y a créé son territoire, il y a posé sa liberté, loin de sa brave mère, s’y amusant avec le chien du voisin, pensant amoureusement à Emilie, accompagnant parfois le petit Rémi sur le chemin de la découverte. Et puis un jour, Rémi disparaît… . Le roman de Pierre Lemaître prend alors toute son amplitude. Avec une rare efficacité l’auteur va vous entraîner dans ce roman noir, haletant. Lemaître possède ce talent fou pour aller gratter les petites médiocrités, pour dénicher les aspérités et les défaillances de ses divers protagonistes. C’est une histoire toute en ramifications, qui prend le temps de vous enfermer dans une atmosphère troublante et qui vous empêchera de vous échapper. « Trois jours…et une vie », trois jours pour connaître les conséquences d’un seul acte, voici un nouveau Lemaître rondement bien mené. Avec une écriture précise et un style marqué, l’auteur d’ « Au revoir là-haut » va vous plonger dans le théâtre de Beauval où les jeux d’ombres vous captiveront. Ceci est du grand art, assurément.

La renverse

Mardi 5 avril 2016

Un seul nom et Antoine se souvient. Antoine vivait alors dans une ville faite de pavillons et de lotissements à l’infini ; une banlieue banale  où il y habitait en compagnie de son frère, le sensible Camille, de sa « jolie maman » et de son « si discret » papa. Et puis un jour, cette image de famille parfaite s’écorna puis se déchira entièrement, libérant, sous la mince couche de vernis, l’égocentrisme absolu d’un couple uni dans le mensonge et la mauvaise foi. Et Antoine, avec ce seul nom ressurgit du passé, va nous raconter son histoire. Avec un grand sens du détail et beaucoup de finesse, Olivier Adam nous donne à ressentir la mélancolie d’un homme touché par son passé et qui tarde à se construire. Car désormais, tout lui prendra du temps: la re-connaissance de l’amour, la re-construction intime, la re-naissance à sa vie, entouré de livres. Il renaîtra de ses cendres, de celles qui fument encore… à partir des facettes troublantes, cruelles et contradictoires de ses parents et d’un certain Laborde. Antoine deviendra qui il est, comme il peut, cerné d’ombres, parfois aussi triste que le ciel breton en plein hiver, parfois aussi tempétueux que les vagues s’écrasant contre les rochers. Olivier Adam nous livre un roman sans fard ni faux-semblant, avec cette écriture fluide qui nous interroge sur le pouvoir des rumeurs, le lynchage médiatique, l’impunité politicienne et l’hypocrisie généralisée. Un seul nom et Antoine se souviendra… puis se reconstruira. « La renverse » vous porte et Olivier Adam nous livre ici un roman fort et poignant.