Archive pour juin 2016

La légèreté & Celui qui regarde

Mercredi 29 juin 2016

Je n’avais pas pris le temps de vous dire à quel point “La légèreté” de Catherine Meurisse m’avait émue toute crue. Reprise d’un extrait d’article que j’ai aimé : “Un 7 janvier on est tous restés à terre, le chagrin cloué à nos pieds. Ce matin là un mauvais rêve la met en retard pour Charlie, Catherine Meurisse reste en vie… mais son imaginaire est bloqué. On lui explique : « Vous êtes dissociée ». Le cerveau a disjoncté. Dans le livre dessiné La légèreté, Catherine Meurisse décrit comment la beauté l’a sauvée. Elle s’est mise à la chercher comme Stendhal pris de vertige devant les œuvres d’art en Italie, elle part à Rome. On la voit conjurer la laideur par le beau. Répondre à la détresse par: enlacer un arbre, là depuis toujours, qui ne meurs pas, qui ne tombe pas. Elle met aussi un mot sur ce qu’on perd souvent : la légèreté, c’est ça. Aujourd’hui elle est ré- associée, à la beauté. Le cerveau a tout reconnecté. L’élan est vertical et elle trace un chemin qu’on aura à faire plusieurs fois dans nos vies, de lourd jusqu’à léger.

Gros coup de coeur pour “Celui qui regarde”: et oui, encooore les vastes plaines, encooore une quête utopique, encoooore les peuples premiers, MAIS: quelle beauté, quelle intensité! textes-images-les-paillettes-dans-les-mirettes-l’aventure-au-bord-du-coeur- :)

La ligne de fuite

Vendredi 17 juin 2016

Voici une nouvelle traduction du livre de Robert StoneDog soldiers” paru en 1975 (titre français: “Les guerriers de l’enfer“, 1978) et une découverte géniale pour ma part. Robert Stone, ami de Ken Kesey (pour les aficionados), a été correspondant de guerre durant la guerre du Vietnam. Et c’est par là que le roman commence : à Saïgon, Converse, journaliste dilettante, va et vient dans cette ville sous tension, la guerre touchant à la fin. Sur un coup de tête, et ayant pour idée de faciliter son retour, il confie une paquet d’héroïne à Hicks, un Marine à l’esprit alerte mais quelque peu vrillé quand même… . Hicks doit livrer la drogue sur San Francisco, chez Marge, la femme “borderline” de Converse. Et bien évidemment, en compagnie de tels personnages, rien ne se passe comme prévu. Avec une plume acérée et un humour caustique, Stone nous entraîne dans une folle course-poursuite  sur fond d’Amérique perdue, de défonce, de voitures lancées sur la route “à la mode Kerouac”. Du grand art pour ce roman noir qui fait de ses héros des pantins désarticulés, où souffle le vent terriblement sec de cette liberté jamais retrouvée. Un vrai bon moment!

Les disparus du phare

Jeudi 16 juin 2016

Voici un polar qui fleure bon l’iode, d’où l’on ressent la puissance du vent des Hébrides et où l’on perçoit rapidement les sombres mystères cachés dans la lande. Tétanisé par le froid, un homme est rejeté par les vagues: il ne sait plus qui il est, d’où il vient. à part ces sensations de vertige et de danger omniprésent, « il » ne sait donc plus rien de sa vie. Avec lui, nous partirons dans cette enquête haletante et surprenante. Ressortez vos cirés, l’intense ambiance écossaise de Peter May est de retour! Entre légende, soupçons, meurtres mystérieux et quêtes identitaires, nous plongeons avec délectation au cœur de ces îles tourmentées et entreprenons, nous aussi, notre enquête. Dans un style délicieusement efficace, May ne laisse rien au hasard, nous sommes aux aguets, au sein d’un complot qui, au fur et à mesure, semble tentaculaire et, pendant ce temps là, les abeilles butinent… bbzzzzz Décoiffant !